Philosophie du logiciel Claroline
1. Introduction
Comme beaucoup d'autres universités, l'Université catholique de Louvain
a financé l'utilisation d'une plate-forme de formation ouverte et à
distance à la fin des années 90'. Le choix s'est porté sur WebCT.
L'insuccès de l'initiative auprès des enseignants nous a conduits à
changer de stratégie pour nous orienter non pas vers le développement
maison, mais vers le développement collaboratif autour d'outils Open
Source dits aussi Logiciels Libres. Ici encore, la stratégie UCL est
assez conforme avec le choix actuel d'un certain nombre d'universités.
C'est seulement après cette décision que la stratégie devient plus
spécifique. En effet, il y a Open Source et Open Source. L'idée du
développement collaboratif suppose de consacrer une partie de son
énergie à fédérer la collaboration. Se contenter de donner aux autres
les sources d'un programme ne suffit pas à en garantir un
développement mutualisé rapide. Il faut lâcher prise en termes de
propriété, tant intellectuelle que patrimoniale, déléguer les
responsabilités, confier des missions complexes à d'autres
établissements et construire des relations de confiance durables.
A ce prix, et à ce prix seulement, un développement Open Source a des
chances de concurrencer les logiciels dits « propriétaires ». C'est le
pari de Claroline: réussir à supplanter WebCT, Blackboard, Docent etc.
en proposant une solution plus modulaire, plus simple d'emploi,
multilingue, légère en termes d'infrastructure hardware et de
consommation de ressources tant côté serveur que côté client.
L'enjeu est à la fois technologique, économique, politique et pédagogique.
Technologique car l'application doit concurrencer les logiciels
propriétaires en termes de fiabilité, stabilité, compatibilité,
rapidité, service, et les dépasser en termes de modularité et de
multilinguisme.
Economique car outre sa gratuité et sa faible consommation de
ressources système, Claroline doit encore résussir à limiter les coûts
de formation des enseignants grâce à son interface intuitive et sobre.
Politique car il y va de l'autonomie culturelle, scientifique et
pédagogique européenne, à la possibilité pour les européens de
proposer un contre-modèle face au taylorisme éducatif suggéré par les
outils d'origine Nord américaine.
Il y va aussi de notre capacité à construire une interaction avec
l'Amérique du Sud, l'Afrique et l'Asie, non seulement par la traduction
déjà effective de l'interface Claroline en de nombreuses langues, mais
aussi par la capacité que nous aurons à imaginer des scénarios
d'interaction au niveau du contenu des cours, des programmes de
formation et de la politique à mener autour de la bonne utilisation
des NTIC.
Actuellement, Claroline est utilisé dans la plupart des pays européens
et traduit dans leurs langues respectives, ce qui en fait un candidat
sérieux au titre de plate-forme européenne pour la formation en ligne.
Pédagogique car toute plate-forme de téléformation véhicule de
façon explicite ou implicite un certain modèle d'apprentissage. Les
plates-formes orientées contenu suggèrent un apprentissage centré sur
le savoir à acquérir, celles qui privilégient les outils d'interaction
favorisent l'écolsion de scénarios de cours plus collaboratifs, celles
qui offrent de nombreux outils auteurs aux étudiants eux-mêmes
facilitent la mise en oeuvre d'apprentissages par le projet, etc.
Claroline se trouve à la croisée des chemins et n'évite pas de suggérer
une méthode d'apprentissage. Néanmoins, sa philosophie de départ est
minimaliste: le logiciel doit prévoir des boîtes vides et permettre de
structurer échanges et contenus de multiples façons.
Au lieu de guider l'enseignant dans le classement de son contenu, par
exemple, l'outil se contente de le stocker et d'attendre de
l'enseignant une proposition en matière d'organisation. Cela peut
conduire à une certaine absence d'homogénéité d'un cours à l'autre,
mais facilité, en revanche, l'entrée de l'enseignant dans l'outil, ce
qui constitue une des principales difficultés du e-learning.
Pour concilier la liberté de l'enseignant avec les exigences d'une
formation de qualité, Claroline renvoie à l'interaction des enseignants
entre eux ou avec des conseillers pédagogiques plutôt que de considérer
naĩvement que l'outil pourra lui-même servir de guide pédagogique.
Axiologiquement et pédagogiquement aussi neutre que possible, Claroline
séduit beaucoup les enseignants et devrait permettre aux organisation
de guider ceux-ci vers un meilleur enseignement à l'aide des
technologies. Les enseignants ont en effet de nombreuses raisons de
refuser d'utiliser les NTIC et les organisations n'ont pas d'autre
choix stratégique que de composer avec ce paramètre.
2. Description du logiciel
3. Produit, service, processus