5.3.3 Le marché
Un marché dynamique qui s'essouffle:
L'ouvrage de Christophe Parmentier et Fouad Arfaoui 1 nous éclaire sur les chiffres de la Formation professionnelle en France :
En 2001, Le marché français de la formation professionnelle était le
plus important d'Europe avec 140 milliards de francs de budget (55
milliards pour les entreprises privées, 67 milliards de CA réalisés par
les centres de formation privés et les centres de formation internes
des grandes entreprises.) Ce chiffre représentait 1,7% du PIB français.
Le secteur privé représente plus de 14 millions d'actifs. 10 millions
de personnes ont recours à une formation professionnelle chaque année.
Cependant, le secteur de la formation en France connaît une crise
depuis quelques années : réduction importante des fonds publics
destinés à la formation, stagnation ou compression des budgets
formation des entreprises françaises, incertitudes liées à la réforme
des collecteurs, etc...
Dans le même temps, nombre d'employeurs font face à des besoins de
formation insatisfaits car les formules présentielles restent souvent
trop chères ou trop pénalisantes sur le plan de l'organisation et de la
gestion du temps.
En effet, 43% des dépenses pour la formation professionnelle sont
allées à la rémunération des stagiaires et 57% ont servi à rémunérer
les dépenses de formation et les frais d'accompagnement.
Un marché épars :
L'observatoire du Centre Inffo 2
indique que le marché de la formation professionnelle est très
concentré sur un petit nombre d'opérateurs actifs tout en étant très
éclaté par le grand nombre de prestataires présents. En 97, on
dénombrait 40 360 organismes et seuls 23 % d'entre eux avaient pour
activité économique principale la formation professionnelle continue.
De nos jours, seuls 16% de l'ensemble des organismes de formation
réalisent plus d'1 million de chiffre d'affaires annuel alors que 76%
d'entre eux affichent un CA inférieur à 500 000 FF.
Des besoins de formations plus nombreuses mais plus courtes
Philippe Gil 33
attire l'attention sur la réduction significative des temps réservés à
la formation professionnelle. Dans le contexte de l'obligation légale
de passer aux 35 heures, beaucoup d'entreprises ont été tentées de
réduire ces temps de formation.
Une enquête menée par la Cegos et le cabinet H consultants 4
confirme : 74% des DRH et des Responsables Formation de grandes
entreprises françaises interrogés dans le cadre de l'étude pensent que
les salariés ont de moins en moins de temps à consacrer à la formation.
Ainsi, depuis 1990, la durée moyenne des formations est en baisse
constante passant de 105 à 74 heures. Toutefois, de plus en plus de
salariés en bénéficient.
Le tableau ci dessous, illustre bien ces tendances : Un accès de plus
en plus large à la formation professionnelle mais une réduction
significative de la durée du temps de formation.
|
|
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
|
Taux d'accès à la formation (%) |
33,2 |
33,6 |
34,1 |
35 |
35,5 |
|
Durée moyenne des stages (heures) |
45 |
43 |
42 |
40 |
38 |
Les adeptes du e-learning se réjouiront de cette évolution puisque les nouvelles technologies sont censées former un plus grand nombre de personnes en moins de temps.
1 PARMENTIER Christophe, FOUAD Arfaoui « Tout savoir pour e-former », PWC Global Learning, Editions d'Organisation, 2001
2 Source : (http://www.centreinffo.fr/maq100901/observatoire/eformation.htm)
3 GIL Philippe « @-formation - NTIC et Reengineering de la formation professionnelle », Dunod, Paris, 2000 p.26
1 « Enjeux de la formation et usage des NTIC dans les entreprises françaises », Cabinet H-Consultants, 2001