5.14.3 L'évaluation technologique du dispositif d'e-formation : la qualité par les normes
Sachant que le développement des formations e-learning représente souvent un investissement de départ 3 à 10 fois supérieur à celui de la formation traditionnelle en présentiel, le contenu des cours créés pour l'e-learning a une grande valeur. Or, les cours créés pour une plate-forme ne sont pas nécessairement utilisables sur une autre.
« La multitude et la spécificité des structures propriétaires sont
difficilement gérables pour les éditeurs de contenus, et peuvent nuire
à la diffusion de l'information et des connaissances ce qui est
antinomique d'une solution d'e-learning » 1
indiquent les auteurs du livre blanc de business Interactif.
L'émergence de standards pour les cours et les plates-formes est
nécessaire pour protéger l'investissement et encourager leur
développement.
Business Interactif rappelle qu'il n'y a actuellement pas de standards
réels pour la production et la gestion du contenu e-learning. Par
contre, un certain nombre d'organismes travaillent à la rédaction de
spécifications. À eux tous, les groupes de travail touchent tous les
domaines liés à l'e-formation et, parfois même, se rejoignent sur
certains thèmes. Ensemble, ils déterminent et créent des spécifications
qui seront destinées à devenir les futurs standards de la formation en
ligne.
« Chaque groupe de réflexion rassemble une communauté d'acteurs avec
des intérêts et des objectifs communs, qui développent des protocoles
d'accords que la communauté puisse soutenir. »
Sur les contenus : IMS (Instructional Management System) et LRN (Learning Resource Interchange)
Les spécifications Metadata de l'IMS sont en passe de devenir le premier standard officiel de l'e-learning. « L'IMS est un consortium global ouvert aux membres de l'éducation, aux entreprises et aux gouvernements et destiné à normaliser et décrire un standard pour les contenus d'e-learning. »Le LRN est issu d'une initiative de Microsoft pour implémenter une partie de la spécification Microsoft. « Le LRN est un format pour les créateurs de contenus pour identifier, partager, mettre à jour, et créer le contenu en ligne et le logiciel pédagogique. »
Les métadonnées : la DCMI (Dublin Core Metadata Initiative)
Les métadonnées ont pour mission de décrire de la manière la plus structurée possible une information, afin de permettre une exploitation efficace d'Internet.En France, l'AFNOR a créé en décembre 2000, une commission qui comprend une soixantaine de personnes pour moitié du secteur public et pour moitié du secteur privé.
Un groupe travaille sur les 'métadonnées', « concept qui correspond à toutes les instructions d'organisation d'un dispositif correspondant aux fonctions d'apprentissage, aux modes de présentation pédagogiques, tout ce qui conduit à structurer le contenu et les procédures d'apprentissage.» 2
Ce travail est fondamental, car ces métadonnées reflètent des conceptions d'apprentissage, un point considéré très stratégique". « Ce sont les métadonnées qui conditionnent les programmes par la suite» rappelle Monsieur Perriault, interviewé par le Centre Inffo.
Le développement, la diffusion et l'évaluation des cours : l'AICC (Aviation Industry Computer-Based Training Committee)
Les standards AICC s'appliquent au développement, à la diffusion et à l'évaluation de cours délivrés par des platesformes de e-leaming. Comme déjà indiqué plus haut, l'AICC est un groupe de travail, constitué des industriels de l'aéronautique.Le partage et la réutilisation d'objets pédagogiques : ADL (Advanced Distributed Learning) et SCORM (sharable Content Object Reference Model)
L'ADL est une initiative soutenue par le ministère américain de la Défense et par le Bureau des Sciences et des Technologies de la Maison Blanche.« En se basant sur les travaux de l'AICC et de l'IMS, l'ADL a défini une série de spécifications permettant la production d'objets pédagogiques réutilisables et indépendants. Les spécifications du modèle SCORM (Sharable Content Object Reference Model) permettent la réutilisation du contenu de formation via le Web, à travers divers environnements et produits » expliquent les auteurs.
Le projet ARIADNE (Alliance of Remote lnstructional Authoring and Distribution Networks for Europe) est financé par la Commission de l'Union européenne. L'objectif de l'ARIADNE est de favoriser la recherche et le développement dans la formation à distance en se concentrant sur le partage et la réutilisation des objets pédagogiques.
La promotion de la formation en ligne en Europe : Promoteus (Promoting Multimedia Access to Education and Training in European Society).
Lancé en mars 1999, Promoteus est soutenu par la Commission européenne et représente plus de 400 institutions. Promoteus est une association d'entreprises, d'universités et d'organismes de recherche au sein de laquelle toutes les parties ont signé le Memorandum of Understanding (MoU). Chaque groupe de travail s'est structuré autour de domaines clés tels que la télématique, le contenu pédagogique et les outils multimédias dans le but de promouvoir la formation en ligne.« Par ce protocole, les signataires s'engagent à adopter une approche commune dans le but de produire et de
fournir des technologies, du contenu et des services pour la formation et l'éducation. »
La normalisation internationale des standards : L'IEEE (lnstitute of Electrical and Electronics Engineers)
Dans le cadre du processus de standardisation, l'ensemble des spécifications touchant les secteurs de la formation en ligne (métadonnées, séquençage des modules, technologies, contenus...) sont présentées à l'IEEE et à son comité spécialisé dans l'e-formation, le LTSC (Learning Technology Standards Committee). Depuis peu, l'IEEE s'est rapproché de l 'Organisation internationale de normalisation, l'ISO, en présentant son travail au comité chargé de donner une dimension internationale à ces standards on les normalisant.1 BUSINESS INTERACTIF « e-learning : présentation générale et solutions logicielles », White Paper, décembre 2001
2 DECRESSAC FRANCOISE, « e-learning / e-formation : qualités et normes en question », INFFO FLASH n° 567, 15/06/2001