Skip to content. Skip to navigation

Guide CMS

5.13.5 Que peut-on apprendre à distance ?

Peut-on tout apprendre grâce à l'e-formation ?

Les auteurs de l'étude du Cigref dénoncent les positions trop tranchées et affirment que si le « tout e-formation » est illusoire ou insuffisant, l'exclure complètement serait un non-sens.
« Une formation est un tout homogène qui se compose de différentes parties, elles-mêmes décomposables. Certaines parties ou sous-parties peuvent très bien se prêter à l'e-formation et même y gagner en efficacité. » 1
Dans les faits, une scission semble voir le jour entre contenus complexes ou à visée comportementale (soft skills) et les contenus dits « simples », plus procéduraux ou plus techniques à visée le plus souvent opérationnelle.

L'e-learning pour les formations procédurales

L'assimilation d'un argumentaire de vente, la familiarisation avec un logiciel ou l'apprentissage d'une langue ne nécessitent aucune interactivité ou dynamique de groupe. Ce type de formation se prête bien à l'e -formation selon IDC : « Elles relèvent d'une logique pédagogique centrée sur l'apprentissage de procédures factuelles et immuables, qui font l'objet d'exercices répétitifs disponibles en ligne et à tout moment. »

Ainsi, les formations bureautiques et informatiques sont un domaine de prédilection pour les formations en elearning. Les matières les plus représentées sur le marché de l'e-formation sont dans l'ordre : 2
  • la bureautique / informatique
  • les langues
  • la remise à niveau
  • L'hygiène, la qualité, la sécurité et l'environnement

IDC indique que les formations à l'informatique comptaient pour 78% des formations e-learning du marché en 2000 et que cette tendance devrait perdurer jusqu'à 2004.

L'e-learning moins adapté aux sciences comportementales

Les contenus comportementaux sont ils réfractaires au e-learning ? Pas systématiquement, répond Sandra Bellier 3. L'auteur argumente en reprenant les 3 principaux outils utilisés en formation comportementale et analyse leur transposition en mode e-learning :

Les jeux de rôles
Le jeu de rôle permet de mettre les stagiaires en situation. On est au plus près des interactions sur lesquelles on veut travailler dans la formation.
« Ce qui compte ici, c'est la capacité à jouer, à faire semblant, à oublier le côté fictif. »
En e-learning, on peut alors faire réagir l'apprenant en lui demandant de commenter, voire d'interférer dans ce qui se déroule sous ses yeux. « On l'amène ainsi à expliciter ses propres comportements.»
« Bien entendu la richesse, la complexité, la vitesse, la spontanéité, l'émotion qui surviennent en direct sont perdues mais peuvent rester la prise de conscience, l'analyse, le recul, la compréhension de ces émotions. »

Les jeux d'équipe
Le groupe est mis en situation de résoudre un problème ; les interactions entre les participants feront ressortir les comportements individuels ou collectifs.
Il est très difficile de transposer cette situation dans un dispositif d'e-learning ; La distance s'avère être un réel handicap. On peut toutefois, sous forme ludique, recourir à la vidéo ou à des bandes dessinées interactives, simulant l'interaction de groupe. L'e-learning servira alors d'outils de décryptage de situations

L'auto diagnostic
Les outils d'auto diagnostic permettent de se classer et de se comparer au groupe.
Il est très facile de les mettre à distance conpte tenu de leur forme (le plus souvent des questionnaires).
Internet facilite grandement la mise en ligne des modèles de comparaison. « Le Web peut laisser chacun libre de comprendre, de s'attarder à des explications, de saisir l'ensemble des éléments à sont rythme beaucoup mieux que dans un groupe ou l'on n'ose pas forcément insister. »

e-learning et contenus complexes ne font pas bon ménage

Sandra Bellier définit la notion de « complexité des contenus » : « Les offres sur des thèmes ouverts tels le Management, la négociation sont le plus souvent très pauvres, comme si le Web appauvrissait les sujets riches. » Pour l'auteur, les savoirs sont complexes lorsqu'ils sont reliés ou insérés dans des réseaux sémantiques denses. « La difficulté est surtout liée au réseau de données dans lequel s'insère le contenu au moment où il est saisi, compris, approprié puis mis en oeuvre. Certains contenus ne sont pas isolables et traitables en soi. Ils sont dépendants d'un contexte, d'un milieu, d'un avant et d'un après. En revanche, l'apprentissage d'une procédure se suffit souvent à lui-même. »

Plus le réseau sémantique est large, plus il faut pouvoir faire des liens avec tout ce qui enserre le contenu.
Or, L'e-learning pousse à découper les grains de savoir le plus finement possible. Mais découper des contenus complexes en micro-unités aggrave encore le risque de perdre du sens.

Et Madame Bellier de conclure : « La seule solution devient alors de réduire ces contenus à des contenus maîtrisables, isolables et identiques à ceux qui sont applicables sous for me de procédure. Du coup, on les rend compatibles au e-learning mais on passe à côté de ce qui permettrait une formation digne de ce nom. » 4




1 CIGREF « l'économie fondée sur la connaissance : e-learning et e-formation : du radar à l'agenda des directeurs des systèmes d'information », rapport introductif, octobre 2001

2 PARMENTIER Christophe, « Former l'entreprise de demain La formation innovante au service du changement », Editions d'organisation, 1998

3 BELLIER Sandra « Le e-learning », Collection Entreprises et Carrières, Editions Liaisons, 2001

4 BELLIER Sandra « Le e-learning », Collection Entreprises et Carrières, Editions Liaisons, 2001