2.1 Un contexte – quelques constats
La formation initiale ne suffit plus à assurer « l'employabilité » des salariés
D'ou une obligation de formation tout au long de la vie
Jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, une personne mettait encore en oeuvre, à la fin de sa carrière, les
compétences acquises dans sa jeunesse.
Aujourd'hui, ce schéma est largement obsolète. Non seulement les gens sont appelés à changer plusieurs fois de métier au cours de leur vie mais, à l'intérieur du même «métier», les connaissances ont un cycle de renouvellement sans cesse plus court.
De nos jours, il n'est plus suffisant de savoir utiliser des connaissances et des outils dans un seul domaine, il faut aussi apprendre à les adapter à de nouveaux contextes, il faut être capable d'être souple et créatif et savoir travailler en équipe.
Le monde et le marché du travail sont en mouvement : La durée de vie d'une qualification devient très courte et il devient indispensable de se former tout au long de sa vie. La formation devient la clé du développement personnel.
La formation initiale des salariés ne suffit plus à affirmer la compétitivité des entreprises.
D'ou un impératif de formation professionnelle efficace et rentable
Nombres d'évolutions bousculent et remodèlent le paysage industriel : Mondialisation de l'économie,
déréglementation des systèmes de production et des systèmes concurrentiels, exigence de compétitivité
grandissante assortie d'une obligation d'amélioration de la productivité, développement et utilisation intensive des NTIC ... Tous ces bouleversements ont des conséquences sur les organisations du travail, l'évolution des emplois et des compétences.
Le capital « Compétences » devient de plus en plus stratégique pour les entreprises.
D'ou l'obligation d'une gestion efficace de ce capital
Depuis quelques années, les économies occidentales se réveillent sous la poussée des Nouvelles Technologies et de la mondialisation.
Afin de rester compétitives, les entreprises doivent veiller à assurer une réactualisation, voire un développement continuel des compétences de leur personnel.
De plus, l'environnement économique actuel, tourmenté par les dérégulations, la concurrence, les consolidations et la pénurie de main d'oeuvre poussent les entreprises à d'evelopper leurs talents de l'intérieur...
La formation traditionnelle ne suffit plus à répondre aux exigences de flexibilité, rapidité, précision et massification de la formation
D'ou un impératif de re engineering de la formation
Tous les experts et conjoncturistes s'accordent pour dire que le marché de la formation et du développement des compétences sera l'un des plus porteurs de la décennie à venir.
Toutefois, la formation traditionnelle, réunissant apprenants et formateurs en une seule unité de temps, de lieu et d'espace, ne répond plus ni à l'ampleur de la demande, ni à l'individualisation croissante des besoins en matière d'apprentissage et de savoir.
Les impératifs de la vie moderne poussent les apprenants à vouloir maîtriser leur parcours de formation.
Ils aspirent de plus en plus à un enseignement très pointu, exactement adapté à leurs besoins et à leur disponibilité. Le marché de la formation doit ainsi s'affranchir d'une logique d'offre pour entrer maintenant dans une logique de demande.
La formation professionnelle n'est plus vouée à rester l'apanage des organismes de formation traditionnels
D'ou une obligation pour les « opérateurs historiques » de s'approprier la nouvelle donne concurrentielle.
Les prévisions de croissance exponentielle de la formation en ligne (12% des budgets formation en France en 2002 contre 2% en 98 1) attirent de nombreux nouveaux acteurs sur le marché français de la formation professionnelle.
La plupart de ces nouveaux entrants ne sont pas originellement issus du monde de la formation (beaucoup
s'organisent autour des offres de contenus et de logiciels.)
Leurs origines atypiques pour le monde de la formation traditionnelle vont contraindre les acteurs actuels à
s'adapter à ces « nouveaux barbares », comme les qualifie Jean-Michel Billaud 2, analyste de la Nouvelle Economie.
Jacques Perriault, président de la commission AFNOR sur la formation en ligne, insiste « il faut que nous
réfléchissions sur ce à quoi nous tenons dans ce domaine. Nous en sommes encore à une conception « artistique » de la formation en ligne. Le monde, lui, s'est engagé déjà dans la voie de l'industrialisation. » 3
Les USA font déjà preuve d'une avance d'environ 4 ans sur ce marché, aussi bien en terme de technologie que de plus values générée ...
Internet ébranle les marchés ... Celui de la formation aussi ...
1 SHARED VALUE SA, RH INFO, Etat du e-learning en France, 1er semestre 2001
2 DOSSIERS DE L'AUDIOVISUEL Enseignement, formation et nouvelles technologies. La Documentation française, numéro spécial 75, septembre octobre 97
3 PERRIAULT JACQUES, Interview « e-learning, e-formation : qualité et normes en question. » Inffo Flash
no 567, 1er juin 15 juin 2001