Les différentes catégories de logiciels
Sans exhaustivité, nous étudierons quelques-unes des principales terminologies de logiciels actuellement usitées. Chaque catégorie répond à des particularités bien précises : logiciels libres, logiciels open source, domaine public, logiciels propriétaires, freeware 92 et shareware 93.
Richard Stallman fut le premier à employer le terme de logiciel libre. Contrairement à une idée largement répandue et erronée, le logiciel libre n’est pas libre de droit. De manière identique, un logiciel libre et un logiciel commercial ne sont pas antagonistes. Comme toute oeuvre intellectuelle, le logiciel libre est soumis au régime général du droit d’auteur. Une licence en précise donc les conditions d’utilisation, de modification et de distribution. Sa singularité découle d’une liberté universelle qui s’étend de l’utilisateur au développeur. Quatre libertés hiérarchisées ont ainsi été définies par la FSF pour définir « la liberté d’un logiciel »
- Liberté d’exécuter le programme et ce pour n’importe quel usage.
- Liberté de modifier le logiciel pour l’adapter à vos besoins (dans la pratique, cela nécessite l’accès au code source).
- Liberté de redistribuer des copies, soit gratuitement, soit contre rémunération.
- Liberté de redistribuer des versions modifiées afin que la communauté du logiciel libre puisse profiter de vos modifications.
- Libre redistribution
- Code source disponible
- La licence doit autoriser les modifications et les travaux dérivées
- Intégrité du code source de l’auteur
- Absence de discrimination entre les personnes et les groupes
- Absence de discrimination entre les domaines d’application
- Distribution de la licence : pas de licence additionnelle
- La licence ne doit pas être spécifique à un produit
- La licence ne doit pas être restrictive aux autres logiciels
- La licence doit être neutre d’un point de vue technologique
Dans le domaine public, l’oeuvre n’est plus soumise au droit d’auteur et devient donc utilisable sans conditions. Les clauses d’utiliser, de copier, de fusionner, de publier, de distribuer, de sous-licencier ou de vendre des copies deviennent illimitées. Les personnes utilisatrices disposent aussi des mêmes droits.
Une licence de logiciel propriétaire limite les droits de l’utilisateur sur le logiciel. En fait, un logiciel propriétaire est un logiciel dont l'utilisation, l’étude du fonctionnement, la redistribution ou la modification sont interdites, ou exigent une autorisation spécifique, ou sont tellement restreintes que l’on ne peut pas en fait le faire librement. Il arrive même parfois que des formats de fichiers de données ou des protocoles non documentés soient utilisés 96 au sein de ce type de logiciel. Selon les termes de la licence, un caractère onéreux interviendra ou non. La terminologie propriétaire provient en fait des promoteurs du libre et lève l’ambiguïté avec la notion de logiciel commercial.
Les logiciels freeware et shareware constituent des exemples de logiciels propriétaires. Le terme freeware n’a pas de définition claire communément acceptée. Mais il est utilisé couramment pour des paquetages qui autorisent la redistribution mais pas la modification. Le terme free n’évoque donc pas ici la notion de la liberté mais bien celle de gratuité. Ils peuvent aussi correspondre à des logiciels qui sont bridés ou financés par de la publicité qui s’affichera lors de l’utilisation du logiciel. Ils demeurent néanmoins copiables à l’infini.
Quant au shareware, c’est un logiciel généralement limité dans le temps ou en nombre d’utilisations à moins de rétribuer l’auteur selon ses souhaits. Ce logiciel s’accompagne de la permission de redistribution de copies. Mais toute personne qui continue à en utiliser une copie est nécessairement obligée de payer des royalties. La particularité de ces logiciels réside plus dans leur mode de distribution que dans leur notion de liberté.
92 Freeware, le substantif français est graticiel.
93 Shareware, le substantif français est partagiciel.
94 En août 2005, la version officielle était la 1.9 – L’intégralité du texte se trouve sur le site http://www.opensource.org.
95 Le terme domaine public est un terme légal.
96 Des problèmes d’interopérabilité se posent. Mais la société détentrice des droits verrouille alors son marché.