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Les solutions génériques ou le low cost de l’informatique

De façon quelque peu péjorative, certains en évoquant le libre mentionnent les termes de solutions logicielles génériques (un clin d’oeil au secteur médical), d’autres utilisent l’appellation très en vogue de low cost 127. Pour les pays en voie de développement l’accès à la société de l’information telle que nous la vivons dans notre monde occidental est impossible. Le libre y représente d’ores et déjà une opportunité politique : l’Afrique dans sa globalité, Cuba, la Chine, le Brésil, … Pour sa part, l’Europe se voit offrir la possibilité de bâtir une industrie logicielle indépendante et à moindre coût. Simultanément, elle s’affranchit aussi des grands standards propriétaires que certains grands éditeurs américains tentent de lui imposer.

Si l’on s’intéresse maintenant à un logiciel en particulier (Apache), cela est instructif à plus d’un titre. Largement majoritaire sur le marché des serveurs web, reconnu pour des qualités intrinsèques exceptionnelles, il reste totalement libre et gratuit selon le souhait de sa communauté de développement. De par cette ouverture, une profusion de logiciels additionnels et commerciaux interopérables coexistent donc. D’un point de vue purement économique, le libre offre donc la possibilité de réguler l’économie de marché du logiciel. Cette multitude de solutions s’impose comme un modérateur significatif de prix. et aucune société n’a alors l’opportunité de dominer de façon monopolistique le marché. Une situation qui se matérialise également par une augmentation significative de la qualité de l’offre. Les concurrents se battent désormais sur des caractéristiques représentatives et tangibles par rapport aux attentes des clients finaux.

GNU/Linux représente également un élément fondamental de cette évolution vers des solutions à très faible coût. Le marché dispose effectivement de distributions très faciles à installer, même pour un néophyte et tout ceci à des coûts modiques de surcroît. Le téléchargement d’une version totalement gratuite est aussi une éventualité mais le génie de ce logiciel réside dans des capacités de fonctionnement tout à fait performantes avec du matériel ancien, un Intel 486 par exemple. Cette différence entre GNU/Linux et Windows est fondamentale. Une incompatibilité exclusive entre un Windows XP et un Intel 486, par contre, n’est un secret pour personne. La suite de Microsoft a effectivement « grossi » au fil du temps et de ses diverses versions. Avec GNU/Linux, le souhait de toute direction : « faire plus avec moins » trouve alors tout son sens.

En utilisant GNU/Linux et ses briques additionnelles, l’informatique devient ainsi à la portée du plus grand nombre. Un matériel ancien acheté d’occasion assorti de quelques logiciels libres configure un environnement de travail peu onéreux. L’enseignement en France optimise au mieux cette opportunité : GNU/Linux fournit le moyen de récupérer les machines usagées des administrations et des entreprises. Les écoles disposent alors de matériel d’occasion à des prix très compétitifs. Pour le secteur de l’enseignement, le libre constitue une véritable opportunité : il allonge donc la durée de vie du matériel. De nombreux enseignants oeuvrent d’ailleurs pour produire des logiciels libres éducatifs de grande qualité ou des utilitaires pour faciliter les tâches administratives : logiciels de mathématiques, relevé de notes, réservation de salles, … Dans le secteur public, l’enseignement ne constitue pas le seul domaine comme nous le verrons par la suite. Dans leur globalité, les institutions et les entreprises publiques sont concernées. La réduction des dépenses de l’Etat est désormais une nécessité, le libre y contribuera à bon escient 128.

Quant au monde des PME dans son ensemble, il est souvent frileux vis-à-vis du logiciel libre. Ne disposant pas toujours de ressources informatiques en interne, il préfère jouer la carte de la sécurité en se retranchant derrière des solutions propriétaires. Cette stratégie reflète un manque d’information sur le secteur du libre. Des campagnes d’information restent donc à entreprendre, car ces solutions se révèlent en parfaite adéquation avec les besoins de ces entreprises et se traduiront par des réductions de coûts très importantes. A terme, pour une majorité d’entre elles, leur pérennité dépend des avantages concurrentiels qu’elles auront su obtenir des Technologies de l’Information et de la Communication. Dans un environnement concurrentiel mondial, il est important de s’armer au mieux pour conserver ses emplois et ses marchés. Le libre constitue donc une des façons de demeurer compétitif. Comme nous l’avons vu précédemment, son évolution vers les couches applicatives forme également un moyen pour les entreprises de s’habituer progressivement à son intégration en leur sein.

Le libre remet en cause l’organisation de la production du logiciel. Il mixte d’ailleurs les activités non marchandes, les logiciels, avec des activités marchandes, les services associés. Avec cette nouvelle organisation, la PME se voit confrontée à un contexte plus favorable. Elle passe effectivement d’un produit de masse à un produit personnalisé avec une meilleure qualité de service.

Le low cost est donc une opportunité pour de nombreuses organisations d’obtenir des produits de qualité à moindre coût. Si les grandes entreprises utilisent de plus en plus des solutions libres et disposent de ressources en interne pour les valider, ces dernières sont destinées à toute typologie d’entreprise, de la TPE à la multinationale. Il est important de savoir en saisir l’opportunité. Pour perdurer le libre se doit d’attirer de plus en plus d’utilisateurs pour atteindre une masse critique en correspondance avec la nécessité de standards ouverts. Une saine concurrence entre les acteurs marchands de l’informatique sera alors la règle.



127 En fait, low cost du secteur de l’informatique.
128 Nous le verrons plus en détail dans le sous-chapitre « Secteur Public et logiciels libres »