Les autres avantages inhérents au logiciel libre
Si la composante coûts est souvent citée de façon spontanée et répétitive comme un élément fondamental du passage à des solutions libres, elle ne saurait en constituer le seul élément. Les logiciels libres présentent pour les organisations des avantages incontestables et primordiaux, inhérents à leur mode de production.
On distingue de nombreux attributs que nous détaillerons plus précisément au cours de ce paragraphe.
| Avantages | |
|---|---|
| Libre Accès au Source | |
| Indépendance | |
| Fiabilité | |
| Sécurité | |
| Qualité | |
| Pérennité |
Les avantages du libre interagissent fortement entre eux ; mais de l’un d’entre eux (l’ouverture du code source) va néanmoins résulter tous les autres. Ce premier élément forme donc les fondations d’un édifice dont la perception diffère selon le degré d’expertise technique du destinataire. Un informaticien sera ainsi le plus à même de tirer parti de cette caractéristique. Si tel est son souhait, il le modifie alors à loisir pour le rendre compatible avec ses besoins propres. Néanmoins, cette ouverture représente tout de même un avantage considérable pour tous. Car, si l’utilisateur ne dispose pas des compétences nécessaires de par lui-même ou en interne dans le cas d’une organisation, il aura toujours la possibilité de faire appel à un prestataire extérieur. Contrairement, au monde propriétaire, la relation client/fournisseur 82 gagnera ainsi en transparence et en qualité. En cas d’insatisfaction de la prestation, le client pourra alors tout à loisir changer de prestataire sans en induire des conséquences dommageables pour la santé financière de son organisation. Le recours au logiciel libre reconfigure donc les relations entre les clients et les fournisseurs en les inscrivant dans une relation durable et fiable. Le client final dispose donc à tout moment d’une totale indépendance vis-à-vis de son fournisseur.
Quant à la fiabilité, elle forme une autre supériorité du libre. Dans le cadre de benchmarking de solutions informatiques, des tests de comparaisons sont régulièrement mis en oeuvre : Apache et IIS de Microsoft, GNU/Linux et Windows NT … les solutions libres obtiennent toujours les meilleurs scores par rapport au paramètre fiabilité. Une spécificité de la diffusion d’un logiciel réside dans sa technique de propagation, l’effet feed-back 83. L’utilisateur satisfait se transforme alors en prescripteur de sa solution logicielle vis-à-vis d’utilisateurs non avertis qu’il connaît. Le libre est d’ores et déjà employé de manière significative dans des applications jugées critiques comme l’e-Commerce ou dans le domaine bancaire 84. Ces références renforcent encore cette image de fiabilité. Cette dernière est d’ailleurs atteinte très rapidement par rapport à la courbe de développement d’un logiciel. L’ouverture du code permet ainsi une correction immédiate d’un dysfonctionnement identifié par un utilisateur. Un contexte de temps réel traduit donc souvent cette réactivité.
Quant à la sécurité, elle se positionne comme un élément de plus en plus essentiel pour toute organisation. Le système d’information s’inscrit d’ores et déjà comme le coeur de l’organisation. Le développement de la société de l’information s’est traduit par une ouverture de l’entreprise sur l’extérieur, laquelle comprend une notion de risque sous-jacent. Dans ce contexte, le libre constitue un élément de réponse aux multiples problématiques sécuritaires. Contrairement, à un fonctionnement établi en « boîte noire », avec l’ouverture du source, l’utilisateur final pourra donc contrôler et vérifier qu’aucun programme « sommeillant 85 » n’y a été sciemment caché. Les militaires et les applications sensibles au niveau sécuritaire utilisent fréquemment du libre pour contrecarrer cette éventualité.
Dans le monde libre, le développement n’est plus assujetti à une quelconque notion de rentabilité. Les corrections de problèmes même mineurs n’y sont donc pas négligées et la diffusion de nouvelles versions sera effective, uniquement si un certain niveau de qualité a été acquis. La qualité reste l’objectif principal du monde libre, car sa popularité dépend directement de ses qualités techniques. Remplir son rôle et satisfaire les besoins exprimés par ses propres utilisateurs, tels sont ses objectifs. L’éthique du libre et la reconnaissance par les pairs imposent également un développement de qualité de fait. Contrairement au monde propriétaire, le monde libre ne dispose pas habituellement de budget de communication proprement dit 86 pour promouvoir ses produits. La qualité représente donc son meilleur atout de communication.
La pérennité représente aussi un facteur important. Elle s’inscrit ainsi dans une politique de développement durable, le libre favorise d’ailleurs le respect de standards ouverts. Dans dix ans ou dans vingt ans, il sera peut-être primordial pour une organisation, de pouvoir, par exemple, relire ses données numériques à cause de problématiques de preuves administratives. Dans ce cas, si le logiciel n’est plus maintenu, il existera toujours la possibilité de faire appel à des ressources extérieures. Le logiciel deviendra alors à nouveau totalement opérationnel en cas de nécessité majeure. A contrario, dans le monde propriétaire, la fermeture du code source alliée à la disparition ou au changement de direction potentiel de l’entreprise rendra toute modification quasiment impossible 87. En environnement libre, l’entreprise s’approprie ses propres outils de travail.
Les avantages du libre sont très variés. Le fonctionnement des logiciels libres sur tout type de plate-forme représente également un point fort. Longtemps cantonnés à des environnements Unix, les logiciels les plus anciens sont maintenant portés sur des plates-formes Macintosh ou Windows. Les nouveaux projets s’inscrivent de plus en plus dans des environnements fonctionnant sous tout type de plate-forme.
Enfin, l’environnement multi-langues 88 sur lequel repose les grands projets libres constitue un plus. C’est un facteur très intéressant pour les entreprises internationales. Contrairement, au monde propriétaire, dont la langue de travail est essentiellement l’anglais, le monde libre développe souvent dans sa propre langue. Les communautés disposent ensuite de contributeurs en charge de la traduction dans leur langue natale. Les avantages du libre sont immenses et ne cesseront de se développer progressivement.
Chapitre III – Pourquoi utiliser du logiciel libre ? : les points clés
- Les standards ont depuis toujours revêtu une importance primordiale. Une société commerciale disposant de son propre standard en mode propriétaire peut bâtir une position monopolistique de marché. Un point fondamental dans le choix d’une solution logicielle réside donc dans le choix de privilégier des solutions construites sur des standards ouverts.
- En outre cette ouverture des standards devient primordiale, vu l’importance de plus en plus forte des réseaux ouverts. Actuellement, un logiciel n’a de valeur que par son interopérabilité. La complexité des tâches requises ne cesse de croître. Or les standards ouverts favorisent grandement l’interopérabilité. Le choix d’une solution libre s’appuie sur des standards ouverts et le bénéficie d’un code source ouvert : deux spécificités essentielles.
- Un autre avantage du logiciel libre réside dans la maîtrise de ses coûts. Au début, le passage à des solutions libres peut s’avérer quelque peu onéreux, dans certains cas. Néanmoins, sur une stratégie à moyen ou long terme, le libre se traduit par des économies significatives et une vision des coûts totalement maîtrisée et donc sans surprise.
- Le libre reconfigure également la relation client/fournisseur. Cette dernière s’inscrit ainsi dans la durabilité et dans la confiance. L’ouverture du code source rend facilement interchangeable le fournisseur, si ce dernier ne donne pas entièrement satisfaction.
- Contrairement au monde propriétaire, le monde libre communique peu et n’utilise pas les techniques du marketing. Son but premier n’est pas commercial. La qualité demeure d’ailleurs son objectif principal, car il se révèle le meilleur garant de sa popularité.
- De l’ouverture du code source va découler de nombreux avantages supplétifs : liberté, indépendance, fiabilité, sécurité, interopérabilité, qualité et sécurité. L’apport de chacun de ces paramètres est à hiérarchiser selon la typologie de l’organisation considérée.
- En 2005, la question n’est plus de savoir s’il faut utiliser du logiciel libre. La réponse est nécessairement positive. La recherche constante de rentabilité impose plutôt de se questionner sur les solutions libres à déployer.
- Toute organisation se doit de mettre en oeuvre une stratégie vis-à-vis de sa politique informatique libre.
82 L’étude des relations clients/fournisseurs dans le monde libre démontre un mélange d’affaires et d’amitiés. Il n’est pas rare de continuer des rapports avec ses fournisseurs dans sa sphère privée. Les liens sont donc très forts.
83 L’utilisateur souhaite appartenir au réseau d’utilisateurs le plus large, de façon à profiter des produits additionnels. Il désire acquérir la technologie qui va s’imposer à terme.
84 Sans exhaustivité, quelques noms : le Nasdaq, Yahoo, Google, Ebay, iXarm.com (la première place de marché public en Europe) …
85 Par programme sommeillant, on entendra backdoor (porte dérobée), virus, spyware (espiogiciel) …
86 On peut signaler la campagne publicitaire de Firefox – http://funnyfox.org.
87 Contractuellement on peut exiger le dépôt des programme sources du logiciel chez un séquestre, avec accès aux dits programmes en cas de défaillance du titulaire. L’abandon de produits représente une problématique similaire.
88 OpenOffice constitue un exemple probant d’un fonctionnement en environnement multi-langues.