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Pousser et tirer l'information sur Internet : le push et le pull

by Guy Vigneault last modified Oct 29, 2007 01:41 AM Avec la permission de l'auteur, Joël de Rosnay

La personnalisation des informations a toujours été au coeur des préoccupations des moteurs de recherche et des start-up Internet.

Il est intéressant de retracer brièvement la courte histoire de ces technologies, notamment grâce à la dichotomie des technologies pull et push qui s'est marquée à la fin des années 90.L'information se renouvelle tellement rapidement sur Internet qu'il est humainement impossible, sans l'aide d'assistants électroniques, de suivre l'évolution de l'offre d'un concurrent, l'actualité d'un secteur économique ou l'apparition d'innovations technologiques. Il y a quelques années, Carlo Revelli 1 a schématiquement distingué deux grandes familles d'agents intelligents ou logiciels : les agents de type pull et les agents de type push.

Quand on se rend sur le site de Yahoo pour y mener une recherche, on dit que l'on est en train de « tirer » (pull) l'information du serveur de Yahoo jusqu'à son PC. En effet, on a effectué la démarche active d'allumer son ordinateur, de se relier à Internet, de se connecter au site de Yahoo, de saisir les mots clés de sa recherche et, enfin, de rapatrier les documents sur son ordinateur : du pull à l'état pur... Cependant, on peut continuer de faire du pull en déléguant certaines tâches répétitives à un agent intelligent. Si, par exemple, au lieu de se connecter directement à Yahoo, on délègue cette tâche à son agent de recherche (par exemple Copernic), il s'agit toujours de pull. Dans ce cas, l'agent remplace l'utilisateur et il « tire » vers lui les informations demandées.

Dans la démarche pull, ce qui est important, c'est le fait que l'on soit acteur de ses choix même si l'on confie le travail répétitif à l'agent. De même, si avec un agent de veille comme Webspector ou Web Site Watcher on décide de surveiller le site Web d'un concurrent, c'est toujours du pull, même si l'agent stocke les pages qu'il trouve et donne l'impression de les « pousser » vers l'utilisateur 2 .

Dans une optique push, en revanche, l'utilisateur joue un rôle moins actif car l'information est « poussée » jusqu'à lui. C'est le même principe que la télévision : il existe des dizaines de chaînes qui diffusent des informations et le rôle de l'utilisateur consiste uniquement à choisir celle qui lui convient et à la regarder. Sur Internet, il existait des logiciels de type push (PointCast fut le plus célèbre) qui permettaient d'accéder à des centaines de chaînes d'informations (CNN, New York Times, Washington Post...) à caractère souvent thématique (météo, sport, marchés financiers...). Ces logiciels ont littéralement explosé vers la fin de 1996 en faisant beaucoup de bruit. Certains allaient même jusqu'à affirmer que désormais le Web entier allait se transformer en une « télévision géante » dans laquelle chacun diffuserait des informations à partir de sa propre chaîne. En réalité, ce sont les enjeux financiers énormes (notamment ceux liés à la publicité) qui avaient provoqué de tels enthousiasmes.

L'information obtenue par les agents de webcasting (ou webdiffusion) est complètement uniforme et standardisée et s'adapte souvent à une diffusion de masse. Elle est donc utile pour suivre l'actualité en général mais insuffisante pour mener des activités de veille personnalisées. Avec les technologies push, c'est le gestionnaire de chaque chaîne qui décide du contenu de celle-ci et qui le diffuse (à travers un serveur). Avec un agent pull, au contraire, si l'on décide de créer une chaîne, on reste maître de son contenu et c'est son agent (un logiciel client) qui rapatrie les informations correspondant à ses choix. L'intervention et la personnalisation humaines sont beaucoup plus importantes avec les agents de type pull.

Si l'on ne parle plus de logiciels push ou pull de nos jours, il ne faudrait pas pour autant croire que la personnalisation des services de recherche est en perte de vitesse. Bien au contraire ! Ce qui a posé problème, notamment avec les logiciels push, c'est, d'une part, une personnalisation extrêmement limitée, souvent cantonnée à des sources d'information officielles, et, d'autre part, l'obligation d'utiliser un logiciel propriétaire en dehors du navigateur.

À présent, ces deux freins n'ont plus lieu d'être. En effet, la personnalisation des services de recherche se développe de plus en plus, surtout par le biais de la technologie RSS, qui permet une personnalisation illimitée. Il faut tenir compte également de l'explosion de milliers de sources d'information citoyennes, de la concurrence acharnée entre les trois leaders du marché de la recherche d'informations (Google,Yahoo et MSN) et de l'avènement des technologies libres (open source) telles que Firefox, qui connaît un succès fulgurant.

Voici trois exemples parmi d'autres d'outils qui risquent de modifier profondément les habitudes de recherche de demain : Firefox, Google Maps/ Google Earth et Yahoo My Web 2.0.






1. Carlo Revelli, Intelligence stratégique sur Internet, op. cit.

2. Plusieurs centaines d'agents « intelligents » peuvent être téléchargés sur www.pronetariat.com/17 ou sur www.pronetariat.com/18

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